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Tristesses de la Lune

Charles Baudelaire — Les Fleurs du Mal

TRISTESSES DE LA LUNE.

Ce soir, la Lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui, d'une main distraite et Iégère, caresse
Avant de s'endormir le contour de ses seins.

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
Et Ia met dans son cœur loin des yeux du Soleil.

Récitations

  • Régis Flécheau
  • Celtic Frost

Vidéo

Dante Naccarato
Universid de Leon
unknown
J. R. Phillips

Illustrations