Yeux (Les) de Berthe
Charles Baudelaire — Les Fleurs du Mal
LES YEUX DE BERTHE
Vo us pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,
Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s'enfuit
Je ne sais quoi de bon, de doux comme Ia Nuit!
Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres!
Grands yeux démon enfant, arcanes adorés,
Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques
Où, derrière l'amas des ombres léthargiques,
Scintillent vaguement des trésors ignorés!
Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes,
Comme toi, Nuit immense, éclaires comme toi!
Leurs feux sont ces pensers d'Amour, mêles de Foi,
Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.
Vo us pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,
Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s'enfuit
Je ne sais quoi de bon, de doux comme Ia Nuit!
Beaux yeux, versez sur moi vos charmantes ténèbres!
Grands yeux démon enfant, arcanes adorés,
Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques
Où, derrière l'amas des ombres léthargiques,
Scintillent vaguement des trésors ignorés!
Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes,
Comme toi, Nuit immense, éclaires comme toi!
Leurs feux sont ces pensers d'Amour, mêles de Foi,
Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.